19/10/2011

Une autoroute sur le lac, 4 milliards pour plus de pollution et de bouchons !

En avril dernier, le Conseiller d'Etat Mark Müller présentait un nouveau projet de traversée autoroutière du lac dont le coût est estimé à 3,1 milliards pour un pont et 3,7 pour un tunnel. Autant dire plus de 4 milliards vu les différences de coût bien connues entre un projet et sa réalisation. Cette somme représente le triple de ce qui était proposé à la population en 1996 et avait été largement refusé (71% de non pour le tunnel, 69% de non pour le pont).


A quelques jours des élections fédérales - mais n'y voyions rien d'électoraliste - la majorité de droite du Grand Conseil vote une motion invitant le Conseil d'Etat à présenter des mesures pour désengorger le centre de Genève en lien avec la future autoroute qui surplombera le lac. Le hic, c'est que le Conseil d'Etat l'a déjà fait. Son rapport sur la traversée du lac est limpide à ce sujet. Le scénario 3+ avec mesures d'accompagnement renforcées est le plus ambitieux. Résultats attendus : « Actuellement, environ 150'000 véhicules empruntent quotidiennement les principaux axes du centre-ville et le pont du Mont-Blanc. Les prévisions indiquent que la fréquentation s'élèvera à 170'000 véhicules/jour en 2030. Avec la réalisation de la traversée du lac à l'horizon 2030 (Etat 3+), ce chiffre retomberait à 120'000 ».

Alléluia, 4 milliards et une autoroute sur le lac avec son lot de pollution, tout ça pour arriver à un tel résultat qui n'améliore en rien la fluidité du trafic ni la qualité de vie au centre-ville. Non merci !

pont_lac.jpg

Ces chiffres fournis par le Conseil d'Etat démontrent bien que la plupart des véhicules qui emprunteraient cette nouvelle autoroute se dirigeraient vers le centre de l'agglomération où se situent les pôles d'activités, créant selon la métaphore de l'entonnoir, encore plus de bouchons alors que Genève étouffe déjà sous le trafic motorisé. (Le trou le plus large de l'entonnoir peut être agrandi, le plus étroit se situant au centre-ville ne peut pas, résultat : plus de bouchons dans et à la sortie l'entonnoir). Augmenter les capacités autoroutières pour atteindre le centre-ville fera appel d'air et aura pour conséquence d'augmenter le nombre de véhicules motorisés à Genève.

Une autre vision de la mobilité

L'ATE propose une autre vision de la mobilité à Genève. C'est dans les transports publics, dans l'achèvement de la 3e voie CFF entre Genève et Lausanne, dans la réouverture de la ligne ferroviaire d'Evian-les-Bains à St-Gingolph pour relier Genève au Valais par le Sud, dans la construction du CEVA pour relier la Romandie à la France, dans l'extension des lignes de trams et de trolley bus ou encore dans les infrastructures de mobilité douce qu'il faut investir et non dans une nouvelle autoroute. Ces investissements sont les seuls à pouvoir réduire le trafic motorisé de manière substantielle dans l'agglomération. L'ATE se bat depuis des années pour changer les comportements au niveau de la mobilité. Avec une alternative de transports publics de haute qualité, il est possible d'y arriver.

Osons une autre Genève pour 2030 !

La traversée autoroutière du lac est le symbole de la mobilité du passé. Osons une autre mobilité à Genève d'ici 2030

 

Thomas Wenger

Président ATE-Genève

 

 

Commentaires

Avant d'arriver-là , il faut reduire le trafic auto au centre ville , favoriser la mobilité douce ( j'attends toujours de pouvoir me deplacer en vélo en toute securité) , augmenter les espaces verts et surtout favoriser le developement des poles de santé , respirables et non pollués ( par exemple autour du quartier des hopitaux - HUG - et ecoles.
Par la suite , on peut commencer à discuter de la traversée de la rade car cette droite mafieuse ne merite aucune confiance.

Écrit par : carlos | 19/10/2011

Ce montage est aussi gros que le mensonge des propos mentionnés dans votre article.Il s'agit de finir le contournement de la cité afin de ne justement ne pas étouffer son centre comme cela est le cas actuellement.Cela déchargera le trafic de transit aussi.On ne pourra pas mettre tout le monde sur des vélos et dans des trains,sauf peut-être si on construit un vrai métro urbain.De plus,il s'agira jamais d'un pont aussi laid et monstrueux que votre dessin mais bien plutôt d'un tunnel sous le lac.Les technologies pour les voitures vont aussi évoluer.Le pétrole arrive à sa fin.Bref,n'importe quoi!!!!Revoyez votre copie car cela n'est en rien réaliste.....

Écrit par : max | 19/10/2011

Vous citer des chiffres du Conseil d'Etat, pourriez vous donner la référence complète du rapport ? Ou même mieux poster le lien vers ce rapport dans les commentaires ?

Je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fond de cet article. En Suisse nous avons droit à la mobilité, pas à la voiture. D'un point de vue pragmatique, si l'on prend en compte l'empreinte écologique, le bilan énergétique et le cout au kilomètre la mobilité douce est de loin la plus efficace. Il ne s'agit pas de sauver les petites bêtes ou d'un environnementalisme à deux sous. Il s'agit de prendre aujourd'hui les décision qui permettront demain de garantir un accès à la mobilité pour tous. Si la croissance démographique annoncée pour Genève se confirme et que l'on reste au même ratio voiture/individu, alors les grands axes de la ville seront en permanence bloqués.

Je m'interroge sur la composition du trafic automobile. Sur tous les automobilistes passant par le centre ville, combien sont résident de la ville ? Combien sont en transit ? Combien sont des professionnels (livreurs, électriciens, etc..) ? Le rapport de Conseil d'état donne-t-il des indications à ce sujet ? Et vous même à l'ATE que pouvez vous nous dire ?

Écrit par : Maaaaaaaat | 19/10/2011

@max: il ne s'agira pas d'un tunnel, vous n'avez qu'à lire ce que propose le Conseil d'Etat. Quant au métro urbain: pourquoi pas?
Personnellement, je suis pour !

Écrit par : Fél | 19/10/2011

@max: il me semble qu'un montage visiblement si "gros" n'est certainement pas fait pour être pris au 1er degré, un peu d'humour! Sinon, le tunnel c'est très bien mais comme le dit Fél, ce n'est pas l'option retenue jusqu'à maintenant et c'est encore un autre budget!
Alors, prêt à payer n'importe quel prix (qui se répercutera sur les usagers) pour l'illusion de continuer à utiliser sa voiture en toute liberté??
Au vu des scénarii d'évolution démographique, une traversée du lac ne suffira jamais à elle seule à résoudre les problèmes d'embouteillages chroniques que Genève connait déjà. Et on parle d'un horizon 2030 au plus tôt...

Écrit par : Val | 19/10/2011

La formulation du Conseil d'Etat, telle que vous la citez, est particulièrement tordue, et vise à minimiser l'impact réel d'une Traversée, dont on sait, par les calculs sur lesquels se base le rapport du CE, qu'elle réduirait de 30% le trafic sur le Pont du Mont-Blanc. Mais aussi le trafic, lui aussi surchargé aux heures de pointe, sur l'autoroute de contournement.
Ce qu'une traversée ne réduirait quasiment pas, c'est le trafic traversant le Rhône entre le Pont et l'autoroute. Dès lors pourquoi les introduire dans le calcul ? Pour réduire l'importance de l'impact positif dans l'hypercentre d'une traversée bien sûr. Là précisément où les taux de pollution de l'air continuent de défier toutes les normes. A croire que cela vous arrange, pour pouvoir continuer d'invectiver la bagnole.
De même que votre montage de pont monstrueux d'une noirceur à faire peur est tout sauf de l'humour. Vous me faites penser à la rangers cloûtée de l'UDC, là... Les chiffres objectifs sont ceux de la circulation utilisant le Pont du Mt Blanc et les Quais au centre ville aujourd'hui, et la diminution de celle-ci avec une traversée: 30%. Idem à minima dans les projections à 20 ans.

Écrit par : Traversons | 19/10/2011

@Maaaaaaaat: ci-joint la présentation et le rapport du Conseil d'Etat.
http://www.ge.ch/dcti/presse/2011-04-11_conf.pdf

Écrit par : Thomas Wenger | 19/10/2011

Bravo ! L'image n'est pas si caricaturale, le pont ne servira en effet vraiment à rien aux genevois, mais bien plutôt aux vaudois et au français (qui prennent actuellement l'autoroute de contournement...).

Écrit par : Chafoin | 19/10/2011

Il y a encore beaucoup de gens qui n'ont vraiment pas compris, et ne veulent à aucun prix comprendre, que le temps du tout à la bagnole, c'est fini et bien fini ; une autoroute sur le Lac, c'est une dénaturation monstrueuse d'une site superbe, et c'est créer un aspirateur à bagnoles qui ne fera qu'attirer encore plus de trafic - et de pollution. Politique complètement passéiste et nuisible.

Écrit par : Michel Smet | 15/11/2011

Les commentaires sont fermés.