01/03/2012

TPG, l’ATE demande un réseau de tram à 5 lignes minimum

L’Association transports et environnement a reçu depuis la mise en service du nouveau réseau TPG de très nombreux messages des usagers. Sur la base de ces derniers et de l’expertise des membres de l’association et de ses partenaires, l’ATE demande aux TPG une étude chiffrée d’un réseau de tram à 5 lignes minimum.


Contrairement à ce que laissent entendre les TPG, les associations d'usagers telles que l’ATE et la Communauté d’intérêts pour les transports publics (Citrap) n’ont jamais participé à une concertation avant que la décision de passer à un réseau de tram à 3 lignes ne soit validée. Cette décision a été prise par les TPG de manière technocratique et unilatérale.


Leurs ingénieurs assurent qu’avec un réseau de plus de trois lignes les noeuds ferroviaires auraient été saturés, ce qui aurait créé des bouchons. Toutefois, comme plusieurs experts l'ont démontré publiquement, les réseaux de Zürich, Bâle et Berne fonctionnent très bien avec plusieurs lignes sur divers axes, avec de fortes concentrations de lignes aux points de correspondance, sans blocages ni bouchons. Pourquoi diable à Genève ne serait-ce pas possible ?


Pourquoi minimum 5 lignes ?


Il n’est pas acceptable que des régions aussi densément peuplées que Carouge et les Trois-Chêne ne soient plus reliées par le tram directement à la Rive droite notamment à la gare sans devoir changer. L'augmentation des transbordements sur ces trajets très fréquentés concerne un grand nombre d'usagers. C’est pourquoi un réseau de tram à cinq lignes minimum doit comporter, en plus des trois lignes existantes, une ligne reliant le Bachet, Carouge, Plainpalais à la gare de Cornavin et Les Nations et une ligne reliant Moillesulaz, les Trois-Chêne à Meyrin via Cornavin.


Les TPG doivent maintenant nous dire quels sont les aménagements indispensables et quel est le coût d’une réversibilité du système d’exploitation à cinq lignes minimum et effectuer une analyse coûts / efficience d’un tel système. Sur la base de ces chiffres un vrai choix politique pourra être fait. 


L’ATE demande en outre à la Direction générale de la mobilité que les feux de signalisation donnent la priorité aux transports publics afin d’améliorer leur vitesse commerciale et réduire ainsi les temps de parcours. Enfin, notre association qui s’est battue depuis des années pour la mise en place d’une voie réservée aux bus sur le pont du Mont-Blanc salue sa réalisation et espère que d’autres voies de transport public en sites propres vont bientôt voir le jour. 


Il est temps aujourd’hui de faire des choix pour améliorer l’efficacité du réseau TPG où c’est l’assurance que bon nombre d’usagers vont reprendre leur voiture avec les conséquences négatives sur le trafic et la pollution que l’on ne connaît que trop à Genève.

 

Thomas Wenger, Président de l’Association transports et environnement - Genève

14:50 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : tpg, tram, réseau, ate, bus, lignes | |  Facebook

Commentaires

Une densité élevée de passage de plusieurs lignes en un même "nœud" est envisageable pour autant qu'en amont, les principales causes récurrentes de perturbations (notamment retards provoqués par le trafic individuel, régulation des feux) soient éliminées le plus complètement possible. Tout en sachant que le graphique théorique sera toujours pure théorie, il faut y coller le plus possible. Cela passe également par une égalisation poussée des méthodes de conduite des wattmen, et aussi une certaine éducation des voyageurs.

Écrit par : Michel Smet | 01/03/2012

Entièrement d'accord. C'est la solution à laquelle on serait arrivé s'il y avait eu la moindre des concertations sur ce projet. Et si la ligne Moillesullaz-Cornavin-Meyrin passait par le pont du Mont-Blanc?

Écrit par : Daniel | 01/03/2012

Faire revenir le tram sur le Pont et dans la Rue du Mont-Blanc ? Excellente idée ! Je me demande pourquoi cela n'a pas été fait dès le retour du tram à Cornavin.

Écrit par : Michel Smet | 01/03/2012

Et la ligne 17, entre Rive et Acacias? Depuis le 10 décembre, les habitants de Malagnou/Chêne-Bougeries/Thônex doivent changer 2 fois pour se rendre aux Acacias! Avant une seule! Il faut rétablir les lignes 13 et 16 mais aussi la 17!

Écrit par : Alain | 04/03/2012

Bonjour,
Il de semblerait important de différencier de manière formelle les différentes lignes du 14, qui est un vrai casse-tête. Pourquoi donner le même nom à 4 trajets différents? Comment pensez-vous que l'usager occasionnel s'y retrouve? Le 14 venant du CERN ne va pas à Bernex, bien que ce soit le 14 qui va à Bernex. Le 14 allant au CERN n'a pas le même arrêt en ville que le 14 allant à Meyrin Gravière. Le 14 venant de Meyrin Gravière ne va pas non plus à Bernex, il faut changer au Stand, mais l'arrêt du Stand n'est pas au même endroit que le départ du 14 pour Bernex.
Le 14 allant au CERN n'a pas le même trajet en ville que celui allant à Gravière....etc. Et je ne connais pas la problématique du côté de Bernex...


Et si je me suis trompé, cela montre à quel point la ligne 14, c'est le fouillis pour les usagers!!!!! Incompréhensible!!!

Alors, par pitié, des NUMEROS DIFFERENTS pour des parcours différents!!!!
J'ai déjà repris ma voiture pour la plupart des trajets, mais si ça continue, je vais boycotter à jamais les TPG!

Écrit par : vieuxschnock | 04/03/2012

Le commentaire écrit par "vieuxschnock" en dit long sur la déroute des usagers ... Mais qu'attend donc le monde politique pour reprendre fermement la main dans cette affaire ?

Écrit par : Michel Smet | 04/03/2012

"Vieuxschnock", vous avez parfaitement raison! En voulant "simplifier", ils ont tout compliqué! Avant le problème ne se posait pas. Chaque itinéraire/terminus avait un numéro de ligne différent... D'où la nécessité urgente de remettre les lignes distinctes comme avant...

Écrit par : Alain | 04/03/2012

Il n'avait qu'à prolonger la ligne 18 (arrèt Coutance) jusqu'à Bernex. La 16 restait "frontière à frontière" et 14 allait à la Gravière et le tour était joué !
Dès la réception de tous les trams bi-directionnels, la 17 aurait pu faire "Chêne-Bourg - Bernex)
La croix ferroviaire des ancêtres des écologistes genevois (Laurent Rebeau & cie) que je trouvais bien aurait pu exister .... ou exister l'année prochaine.
Je crois qu'à Genève, on fait tout pour que tout foire ! Politique, Sports, Transports.... et après, on s'étonne que les suisses-allemands se moquent de nous !

Écrit par : Herbert Ehrsam | 05/03/2012

La question de la numérotation des lignes de tram a fait débat, même en assez haut lieu à ce qu'il paraît. Plusieurs voix se sont élevées pour réclamer qu'au moins, le service Stand – CERN porte le numéro 18. La chose a été refusée au nom de la 'pureté du concept'. Le concept en question dit qu'il y a 3 lignes, c'est fixé dans le Plan directeur des transports publics, c'est spécifié dans le contrat de prestations, c'est bétonné, point final. Et d'ailleurs les usagers sont censés trouver ça plus simple, plus 'lisible'. Si ce n'est pas le cas, ah, euh, mmm, eh bien... il faudra qu'ils s'adaptent.

D'où l'on voit, donc, que les besoins et les préférences des usagers doivent céder le pas à des considérations théoriques, des concepts épurés et séduisants sur le papier – ou, de nos jours, sur l'écran.

L'ATE demande la remise en service de liaisons directes entre la rive droite et les 2 branches de la ligne 12. Même si cela revient en pratique à reconstituer plus ou moins les lignes 13 et 16, et donc, à mettre en place un réseau de tram à 5 lignes au minimum, l'ATE évite délibérément de spécifier comment structurer le réseau pour fournir à nouveau les liaisons directes perdues avec le changement d'horaire de décembre 2011. C'est aux ingénieurs et aux techniciens de rechercher comment atteindre cet objectif, de définir les méthodes et les moyens nécessaires.

Car il est bien clair qu'on ne peut pas faire reculer les horloges, on ne peut pas revenir à l'ancien réseau de tram, comme le réclament certaines personnes. La mise en service de la branche du TCOB a modifié la structure du réseau de manière définitive. Si on laisse de côté la ligne 15 entre Nations et Palettes par Acacias, qui vit sa propre vie un peu en marge des autres lignes, on a bien enfin complété désormais la fameuse 'Croix ferroviaire' en ajoutant aux branches historiques de Carouge et de Moillesulaz, les nouvelles branches de Meyrin et de Bernex. Il suffirait donc en apparence de mettre sur ces branches des lignes permettant de relier directement entre eux les principaux secteurs d'habitation, d'emploi et de commerces, et l'interface majeure de transports publics qu'est la gare de Cornavin.

Sauf que c'est loin d'être aussi simple. La demande en desserte n'est pas homogène sur les 4 branches. Le matériel roulant et les infrastructures sont hétérogènes (matériel mono- et bi-directionnel, quais centraux, terminus sans boucles, etc), ce qui ne permet pas une exploitation rationnelle et satisfaisant les besoins.

De plus, la remise en service d'une ligne de tram entre la rive droite et la branche de Moillesulaz a été à toutes fins pratiques 'flinguée' par la modification du plan des voies à l'intersection entre le boulevard Georges-Favon et la rue du Stand. Dans les plans originaux l'arrêt Stand du tram venant de la Jonction se faisait le long du trottoir de la rue du Stand ; ceci aurait permis à un tram quittant l'arrêt sur le boulevard Georges-Favon et tournant à gauche dans la rue du Stand (comme le faisait le 16), de dépasser un tram venu de la Jonction et faisant aussi son arrêt Stand. Les plans ont été subséquemment modifiés pour ne conserver que la voie au milieu de la rue et mettre cet arrêt en avant du trottoir, supprimant ainsi la possibilité du dépassement. On a certes fait là une économie de quelques millions mais on a compromis un redéploiement d'itinéraires directs et pratiques pour les usagers.

Affaire à suivre, assurément.

Écrit par : Pierre Hofmann | 08/03/2012

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