16/09/2014

De l’amateurisme et de l’irresponsabilité de l’initiative sur la traversée de la Rade

Le 28 septembre les Genevois sont appelés à voter sur l’initiative pour la traversée de la Rade. Il s’agit d’un objet de votation fondamental pour l’avenir de la mobilité – mais aussi pour les finances, l’environnement, la santé publique et le patrimoine de Genève. A la tête du comité pour le NON, l’Association Transport et Environnement (ATE) recommande de voter massivement contre cette initiative. Cela, notamment, en raison des problèmes que le projet va poser pour la mobilité et les finances cantonales.

En termes de mobilité, il est avéré que toute construction de route supplémentaire entraîne une augmentation de la circulation automobile. Ce simple principe est contraire aux fondements de l’ATE qui se bat pour une mobilité respectueuse de l’environnement, soit le développement des transports publics et de la mobilité douce.

De plus, en examinant les arguments techniques avancés par les initiants et le TCS en particulier, on est frappé par leur amateurisme en matière de mobilité. Le projet ne résoudra pas les problèmes d’engorgement automobile en Ville de Genève car la circulation se reportera sur les axes menant aux entrées de la traversée. Il s’ensuivra une augmentation de la charge sur la rue de Lausanne et le quai Gustave-Ador conduisant à une paralysie de ceux-ci.  

En termes de finances, le projet de traversée de la Rade est totalement irresponsable. Dénué d’intérêt national, il ne recevra aucun fonds de la part de la Confédération. Aux Genevois donc de verser le 1,5 milliard nécessaire sa construction. La légèreté des initiants sur cet aspect du problème est choquante car leurs scénarii de financement en partenariat public-privé ne sont ni solides, ni crédibles.

A cela s’ajoute le fait que, en cas d’acceptation de l’initiative, la part des recettes fiscales allouées à la mobilité sera absorbée par la traversée de la Rade aux dépens d’autres priorités d’investissements chers à l’ATE tels que l’extension souterraine de Cornavin, la construction de nouvelles lignes de tram et de pistes cyclables et la mise en service d’un RER genevois empruntant le tunnel de Châtelaine.

 

Le projet de traversée de la Rade n’apporte – objectivement – aucune solution, mais créée des problèmes. Il ne résorbera pas les bouchons, il les aggravera. Il n’enrichira pas Genève, il l’appauvrira. L’amateurisme et l’irresponsabilité des initiants doivent être exposés car c’est tout le Grand Genève  qui pâtira durablement et concrètement de cette initiative. L’ATE appelle les citoyens genevois à faire acte de responsabilité et de clairvoyance en votant NON à cette initiative.  

 

Hector Salvador et Christian Hauri
Co-responsables du groupe Transports Publics de l'ATE-Genève 

Commentaires

Bon, à partir d'un tel seuil de mauvaise foi, il n'est plus nécessaire de réagir. Les mots et le ton parlent d'eux-même contre ceux qui les profèrent.
On aimait mieux l'ATE Genève quand elle militait pour une traversée de la Rade en pédalo : au moins dans ce domaine, elle était crédible...

Écrit par : Pierre Jenni | 16/09/2014

pour moi l'irresponsabilité des initiants est triple:
- à proposer une fausse solution de mobilité au problème d'engorgement du centre-ville,
l'emplacement du projet ne ferait que doubler les axes d'engorgement, dans un même secteur

- à présenter le financement en amateur irresponsable: le financement affiché par l'initiative est tout simplement faux et mensonger, car il omet d'inclure plusieurs ensembles & projections de coûts incontournables,
ce projet engagerait un sur-endettement du canton et des contribuables pour des décades

- à minimiser si ce n'est se foutre des conséquences environnementales et écologiques que les travaux d'ingénieurerie du projet imposeraient,
ce projet se moque de ses conséquences ad-vitam sur les riverains et le canton.

Écrit par : pierre à feu | 17/09/2014

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